Petén

Que c’est difficile de se lancer à écrire ce 1er article sur le Guatemala ! L’absence de Wifi n’est franchement pas une excuse valable…

Notre arrivée au Guatemala nous ramène dans la réalité du monde et de ses inégalités. La pauvreté est criante et le tourisme important. La qualité de certaines route, n’en parlons pas. Face à ce grand écart, il est bien difficile d’être ce que nous sommes vraiment même si l’on veut se convaincre du contraire. Au Guatemala cela devient évident, face à la population locale nous sommes des voyageurs touristes européens pouvant vivre sans travailler. Partant de ça, autant ne pas refouler notre statut et tenter de se frayer une discrète place pour vivre pleinement cette aventure humaine sans trop de consumérisme. Temps, simplicité, écoute et partage sont nos petits atouts pour réussir à aller à la rencontre des guatémaltèques hyper-accueillants. Pour nous aider, nous nous reposons aussi largement sur la culture sportive de Rodolphe et le cultissime Zinedine Zidane !

Et de 4 !

Le passage au Guatemala par le Belize marque notre 4ème passage de frontière. Nous devenons presque des habitués et gérons de mieux en mieux ces passages parfois sujet à tension. Ce coup-ci, pas de fouille, aucune déclaration nécessaire. Pour quitter le Belize, il faut tout de même s’acquitter de 20$US par adultes et rajouter l’équivalent de 20€ supplémentaires pour autoriser l’importation de notre véhicule au Guatemala qui sera encore une fois fumigé avant d’entrer sur le territoire. En ayant épuisé nos dollars béliziens, nous passons la frontière sans aucun moyen de paiement en monnaie locale où seul le cash est accepté. Heureusement après avoir traversé les Etats-Unis, le Canada, le Mexique et en y retournant, nous n’avons fait aucun change et conservons encore à bord des fonds de monnaie rangés dans des boites à bonbons 😉 C’est franchement bien pratique. Par expérience, nous savons aussi maintenant qu’il vaut mieux se faire aider par un gamin plutôt que de refuser son intervention. Refuser à l’un signifie en général aucune facilité de tous les autres dès qu’un problème surgit. Du genre, pouvoir payer en dollars en l’absence de monnaie locale, se faire faire les photocopies sans frais supplémentaire. Tout un tas de petits problèmes qui gonflent très vite quand on ne maitrise pas une situation, surtout quand aucun distributeur à 20km à la ronde accepte notre carte bleue.

Yax-ha ou le camp de base par excellence

Notre immersion au pays sera relativement douce pendant les 4 premiers jours où nous établissons notre camp de base aux ruines de Yax-ha. Pas de meilleur endroit pour se régaler des points de vue exceptionnels sur la canopée et le lac Yax-ha au soleil levant comme au soleil couchant. Le tout en grande liberté pour le prix d’une entrée seulement.

Le site est vraiment préservé du tourisme. Ici il n’y a aucun aménagement, ni de boutiques souvenirs en tout genre, juste une longue piste pour y arriver et quelle récompense à la clé ! Les singes hurleurs accompagnent nos pas d’explorateurs dans ces ruines ensevelies par la jungle. Il y en a tellement que la majorité des pyramides ne sont pas dégagées, seul de gros dômes soulignent leurs existences.

Le temps était pluvieux depuis plusieurs jours sur le Belize, il était annoncé pour durer et là, incroyable, nous avons le soleil sur nos têtes tout le temps du séjour sur Yax-ha. Seuls au monde sur un palapa qui surplombe le lac, nos hamacs finissent de poser nos repères, on s’installe comme à la maison. Le terrain est en contre bas des ruines, des marches sur 100m de dénivelé que nous ferons 5 fois sans compter les nombreuses marches qui mènent aux sommets des pyramides. Au dernier coup, nous mettrons les bières dans le sac à dos de Clémentine pour s’alléger lors d’un dernier apéro bien perché. Et le must, après avoir transpiré est de savourer le tuyau d’eau de la douche extérieur. Yax-ha a vraiment tout pour plaire !

Tikal : le carrefour des voyageurs en Amériques

Entre Yax-ha et Tikal, à El Remate, nous retrouvons le car coloré “Motorbar” de deux frères argentins croisés au Mexique. Nous avions oublié d’en toucher un mot mais ils ont l’originalité de fabriquer de la bière dans leur van !! C’est les petits sous de la vente de leur bière qui financent leur voyage, en plus, elle est super bonne, après l’avoir acheté en pesos nous l’achetons maintenant en quetzal !

L’arrivée sur Tikal est signe d’un véritable changement d’ambiance. Nous voici sur l’un des plus grands site Maya et l’un des sites les plus visités au Guatemala. Faut dire, qu’il vaut le passage ! Des cars entiers de back-packers viennent ici, les ruines font parties des itinéraires classiques pour les voyageurs du Guatemala. C’est disons une sorte d’incontournable.

Un match improvisé se prépare face à notre bivouac pour la veillée. Rapidement Rodolphe se mêle aux joueurs pour faire équipe, les torse-nus contre les tee-shirts, les filles pour spectatrices. Au lendemain, on s’aperçoit que la partie de foot réunissait tous les gardes et personnels du parc. Rodolphe est gratifié de “Mi Amigo !” “Bien jugado ayer !”, du gars de l’entrée jusqu’à celui qui contrôle des tickets de sorties que j’avais perdus… Le foot est vraiment un excellent vecteur de communication ! Nous ne comptons plus ceux qui nous parlent de la France uniquement au travers de ses joueurs.

Pour apprécier au mieux notre visite, nous nous lèverons à 6h pour nous réveiller avec la nature. L’ambiance est mystique… Nous y verrons notre 1er toucan ! Immanquable avec son énorme bec jaune dans cette jungle verdoyante. Il y a dans ces forêts, la même que sur Yax-ha, une faune et une flore qui font de ce parc un patrimoine mondial de l’UNESCO. Coatis, singes et pavos nous accompagnent jusqu’au temple IV pour contempler le levé du soleil. Le temps est plus que brumeux mais là haut, les nuages se dissipent sous nos yeux, c’est poétique et apaisant. Nous resterons près d’une heure à reconnaitre les temples qui émergent de la canopée. La pluie va tout de même refaire son apparition pour nous forcer à nous abriter par chance sur la place des 7 temples…

Nous ferons la rencontre d’une famille de cyclistes partie en voyage autour du monde, les chamavelo. Clémentine rencontre enfin une fille de son âge, rapidement les ruines deviennent un terrain de jeux qui décoincent tout le monde et voilà les 5 enfants partis à se raconter leurs péripéties. En sortant, c’est sur une autre famille de Haute-Savoie que l’on tombe. On les savait dans le secteur. Il faut savoir qu’il existe un vrai réseau de familles de voyageurs ! Sans se voir, ni se connaitre, tout le monde sait qui traine sur les routes du monde en s’intéressant plus à celles à proximité. Le rendez-vous est donné avec les escapades en famille à Florès pour prolonger la rencontre autour des bières guatémaltèques bon marchés !

Florès, la tranquille sur le lac Petén-Itza

Après un super bivouac qui domine la petite île de Florès sur le lac Petén-Itza depuis San Miguel, nous rejoignons l’île par la lancha-ferry afin de retrouver la petite famille rencontrée sur Tikal. Installé sur une place de l’île, le groupe ne fera que s’agrandir avec l’arrivée d’une autre famille, les Plum’s et les cyclistes recroisés au détour d’une tienda. La joyeuse bande bien détendue s’installe sur Florès pour partager récits de voyages et bons plans pour la suite. A tout ce qu’on est, les conseils fusent et les canettes s’empilent ! A chaque voyageur, sa monture, son projet, son objectif, mais à chaque fois le même esprit. Celui de la rencontre et de l’échange. A croiser nos parcours, on s’aperçoit que finalement tout le monde se connait par l’intermédiaire d’autres voyageurs rencontrés en chemin. Le réseau se fait vite et les liens se créent pour sympathiser. On sait tous qu’il est très facile de se retrouver par la suite surtout sur le canal de l’Amérique centrale.

Le charme de la vieille ville de Florès prend de suite. Tout est accessible par lancha ou par une chaussée de 500m qui relie l’île à la terre ferme. Tranquille le jour, elle s’enfièvre le soir pour montrer un tout autre visage. Les bars sont branchés et la sono à son plus haut niveau ! Pour être sincère, le tour de l’île se fait en 30 minutes, et nous aurons passé le reste de nos journées dans une bonne ambiance de vacances comme si nous étions en France !! A une chose près qu’un tel attroupement n’est pas sans attirer le regard des passants. Nombreux sont ceux qui nous interpellent, touristes français ou locaux. Les véhicules immatriculés en France font toujours l’attraction… Résultat nous quittons l’île avec une invitation à nous arrêter dans une exploitation laitière à notre passage de frontière Guatemala / Mexique et un bon plan pour se poser à la Marina de Rio Dulce le temps de découvrir Livingston.

Written by Cécile